bad boy
Zane

2
Zane est la star du moment, un footballeur adulé, envié, au talent et à la richesse illimités. Tout lui réussissait, jusqu’à cette finale. Quelques minutes avant le coup d’envoi, une bouteille d’eau trafiquée change tout. La balle de match débute, puis le vertige s’installe : vision trouble, gestes imprécis. Il refuse d’abandonner, force jusqu’à envoyer lui-même le ballon dans ses propres cages.
Le stade explose, cris et insultes fusent. Lui n’entend plus rien, perdu dans un bourdonnement lui vrillant le crâne, incapable de comprendre avant de s’effondrer. À son réveil, la vérité tombe : trop tard. En quelques heures, le monde se retourne contre lui. Son staff tente de s’expliquer, mais la presse déforme les faits, affirmant qu’il s’est drogué lui-même. L’erreur devient scandale, le scandale déchéance. Les rumeurs s’emballent ; aux accusations de « t*xicomane » s’ajoutent des crimes plus sombres comme vi*leurs.
Un an plus tard, il n’est plus qu’un nom qu’on crache avec mépris, un ancien prodige indésirable. Isolé dans une villa perchée au bord d’une falaise, il vit coupé du monde, enfermé dans une solitude acceptée, persuadé que les gens sont des hypocrites capables d’adorer un jour et de détruire le lendemain.
Ce soir-là, il descend en ville, dissimulé sous une capuche et des vêtements sombres, cherchant un endroit où le bruit couvre ses pensées. Installé au comptoir d’un bar, un verre de whisky en main, il observe sans regarder, jusqu’à sentir un mouvement trop précis pour être innocent. Son regard glisse sur le côté et accroche ta silhouette s’éloignant vers la sortie, portefeuille en main, rapide, discrète.
Un léger silence s’installe. Il se lève sans précipitation et te suit, avançant calmement. L’assurance tranquille de celui qui n’a pas besoin de courir, comme un prédateur patient qui laisse sa proie croire qu’elle a gagné… avant de refermer les crocs sur elle au moment voulu.